mardi

Les chroniques d'un vieux fou.

Imagine un Prisme. Une porte vers des mondes sans fin. Au fil de ma folie j'ai eu à tous les explorer et pourtant je n'ai pas fini, et maintenant que je me meurs c'est à toi d'aller affronter les plaisirs enflammés et les horreurs éthérées que l'on rencontre quand les yeux se ferment. Choisis de te battre ou non mais choisis car ta survie en dépend. Maintenant, laisse moi narrer mes vies dans un dernier souffle et aussi t'offrir un éclat de Sélène, tu comprendras son importance plus tard.
Maintenant rêve.
Mes premières nuits sont simples et je suis un voyageur inconscient et peu scrupuleux. J'ai brisé bien des nuits et broyé beaucoup de rêves avant de devenir ce que tu appelles un Sage. Je ne confesserais rien, je ne fais que laisser couler l'Encresang de mes griffes pour te prévenir et aussi égoistement laisser une trace de mes voyages dans d'autres esprits que le mien.

_____________________________________

Songe premier.

Je ne suis pas sur de bien savoir ou je suis, mais j'y suis. Est ce réel ? Je ne le crois pas. Je suis dans les ténèbres. Ca tombe bien, j'ai peur des ténèbres, bien trop de choses en sont sorties pour dévorer des personnes aimées. Je me sens bouger, flottant doucement dans un sombre vide mais qui est étrangement apaisant. Au fil du temps, mes craintes se calment et ma vision s'habitue à l'obscurité omniprésente pour qu'enfin je finisse par remarquer un fin voile bleuté qui se dirige quelque part. Mon instinct, ou ce que je crois l'être me commande de le suivre, alors je me mets à bouger maladroitement avant de remarquer au dessus de moi des points blancs. Des étoiles ? Peut être. Peut importe. Je regarde à nouveau et ce qui n'était pas plus grand qu'un foulard est maintenant devenu un immense fleuve ou tous les bleus que je peux nommer plongent et il doit y en avoir de ceux qu'encore aucun homme n'a vu, mais je n'en suis pas sur. Doucement je pose les pieds sur cette voie bleue en n'espérant ne pas m'y enfoncer et je me dirige en silence vers le Mystère.
Je marche et avance normalement sur ce qui a une texture de doux tissu et ou des particules se soulèvent à chacun de mes pas. Les points blancs semblent eux aussi se diriger dans la même direction et je joue à les relier en constellations aussi éphémères qu'improbables au noms sortis du plus profond de mon inconscient. Je n'avais pas vu au loin une ligne faite de jaune et d'orange ondoyant doucement et formant un horizon temporaire avant de se rapprocher du fleuve fait de bleu et qui devint étincelant, chaud.
Brûlant.
Même maintenant je ne saurais pas exactement expliquer ce qu'il s'est produit, mais le choc fut formidable et me projeta loin dans les ténèbres. Tout ce qu'il y avait à faire maintenant c'était observer.
Observer et ressentir l'incroyable.
Projeté par la violence de l'impact, je continuais pourtant à regarder ce que je ne pouvais jusqu'alors pas concevoir. L'immensité or et orange avait foncé sur le fleuve d'étoiles et moi. J'aurais juré avoir vu une gueule s'ouvrir peu avant l'impact. Plus loin, un point vert grossissait alors qu'un combat qui ressemblait à la danse de deux foulards dans la nuit se déroulait sous mes yeux. Sans vraiment comprendre j'observais. Ce qui de mon point de vue était un fleuve se retrouvait enserré dans les anneaux de feu d'un animal plus gros et grand, mais le bleu restait intensément présent sous mes yeux. L'entité verte étendait de vastes tentacules dont l'un d'eux m'a laissé une trace encore douloureuse à l'heure ou j'écris ces lignes. Les circonvolutions des serpents auraient pu continuer sans fin et cela ne m'aurait dérangé en rien. Le vert enveloppa les immenses serpents dans leur combat dans le même silence que celui du début et l'espace d'un instant le tout formait une sphère ou les deux s'enroulaient autour de l'un ou de l'autre sans que je comprenne vraiment. Ils semblaient conscients de leur enfermement et luttaient contre les parois avec une fureur qui ébranlaient les piliers du Rêve.
La sphère diminuait à vue d'oeil à présent, mais pas les serpents. Le combat avait maintenant des airs de mélange tant la sphère avait rétréci et je ne distinguais que deux couleurs luttant pour aller de bas en haut et de gauche à droite. Et puis le tout, par a coups atteignit la taille d'un de ces points blancs au dessus ma tête, presque invisible. Et puis soudain une libération de chaleur me coupa la respiration en traversant mon corps avant que la libération d'une énergie incalculable me projette à la réalité.
Plus tard en repensant à ces titans et à leur lutte avant de finir dans une prison, je confiais de vive voix ces mots à un ami et sa réponse fut aussi claire que courte
« Tu as assisté à la naissance d'un astre. Bienvenue »
Son air aussi heureux qu'intrigué ne m'inquiétais pas outre mesure. J'étais jeune.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire