mercredi

Un interlude...



C'est une histoire qui m'a été contée par un Chêne alors que j'errais sans but dans les Bois de l'Oubli...
"Toi qui voyage par ces bois qui couvrent les Monts Gelés, prends garde à tes pensées car cette terre est hantée par la volonté des guerriers morts pour la Princesse des fées.
Onze lames noires chantent et abreuvent nos racines du sang des imprudents et des fous qui osent encore traverser les Bois de l'Oubli.

Longtemps avant l'arrivée de ton espèce, cette terre a connu la Guerre du peuple elfique contre celui des fées. Ce bois était encore jeune et le soleil nous réchauffait sans peine. C'est alors qu'une escorte composée de l'élite guerrière des fées, les Ailes noires accomplissait une mission de protection. On les nommait ainsi parce qu'ils semblaient voler sur les champs de bataille, sans pitié envers leurs adversaires et se battant avec des épées faites d'un métal qui s'assombrissait au fil des batailles.
La princesse devait se rendre à la Citadelle d'Alihor pour la paix entre les deux peuples, le groupe fut surpris par un bataillon elfique embusqué. Une escarmouche dont les fées surent se sortir mais furent acculées dans une grotte. Aucune sortie n'était possible pour elles et l'avantage du nombre n'offrait que la mort au groupe coincé dans les ténèbres. Alors par groupes, les assiégeants lancèrent des assauts contre les Ailes Noires et perdirent à chaque fois. Des jours et des nuits passèrent sans que les fées ne reçurent aucune aide que ce soit. Ils repoussèrent les assauts elfiques tant bien que mal, usant de toutes leurs forces magiques et physiques. Un combat dont aucuns d'entre eux n'aurait pu ressortir vivants. Lassés de ce jeu qu'ils semblaient perdre, les elfes mirent le feu à la grotte, espérant ainsi les contraindre à sortir les fées de leur cachette.
Contre toute attente, seule la princesse sortit d'un pas assuré. L'assaut des elfes ne se fit pas attendre. Elle survécut, mais ce qu'il advint de ses adversaires, la forêt a préféré l'oublier.
Il n'y avait aucune main derrière ces onze épées qui gravitaient autour de la jeune femme. Pourtant même les bois tremblaient devant une telle volonté. Les blessures mortelles et la magie des armes ont transformé ces guerriers.
La paix fut instaurée, mais les bois de l'Oubli sont encore férocement gardés par les esprits de ces guerriers qui sont morts pour la paix.
Et les soirs de pleine lune, on peut entendre le sifflement du danger des Ailes Noires."

La fin d'un monde....



Le vide interstellaire. Ma nouvelle condition de Marchemonde m'interdisait de prendre les transports de façon conventionnelle et puis aussi parce que ça me convenait de prendre mon temps. Au détour d'une étoile ou après le passage de comètes, il était possible de croiser des créatures d'un âge que l'on a peine à imaginer. On les nomme Seigneurs du Temps à cause de ce fait. Heureusement pour moi, je n'en ai pas croisé lors de ce voyage pour Hyrulia. J'y suis donc arrivé en une dizaine de jours sur le dos de Maarifa. Cette « jeune » dragonne faisait partie de l'élite de son peuple. Elle était une des cracheflamme les plus puissantes qui soient et grâce à elle, nombre de systèmes solaires possèdent encore une source de lumière. Elle entrera sans doute dans la Légende de l'Univers bien avant que mes explorations m'offrent la renommée...
Nous arrivons doucement dans l'atmosphère calme mais difficilement respirable de la planète.
Il y a encore quelques heures de vol jusqu'à l'arrivée au palais de Dona donc j'en profite pour enfin regarder les armes qui m'ont été offertes. Des épées jumelles grandes comme mon avant bras dont la poignée tient parfaitement dans mes mains. Elles sont faites d'un acier doré aux reflets muliticolores que je n'ai encore jamais vu et il me faudra explorer encore longtemps pour trouver la provenance de ce métal. Elles ne sont pas tranchantes mais dégagent une impression étrange alors que je les prends en main. Nous arrivons enfin au palais de la princesse et sommes surpris par le calme et le silence et la pénombre presque tangible qui règne alors que nous sommes en pleine période du Renouveau. Cette planète est soumise à une longue nuit qui touchait à sa fin alors que nous arrivons sur l'aéroport du palais. Nous nous dirigeons aussi discrètement que possible pour ne pas troubler la quiétude des lieux, mais nous sommes tout de même surpris par un commis de cuisine du palais qui semblait se déplacer aussi furtivement que nous dans la pénombre.

  • Excuse moi, tu es seul ici ?
  • Non il y avait de la vie avant... Il semblait terrifié et en même temps très heureux de nous voir
  • Avant quoi ?
  • La Lune Noire. Et tout le monde a disparu. Sa voix devenait fébrile et il se mettait à trembler de tout son être.
  • Cest arrivé quand ?
  • Il a y a maintenant deux nuits.

Et il repartit dans une errance à la recherche d'un lieu qui pourrait le sauver. L'idée de partir me traversa l'esprit mais mon instinct me guidait vers la salle du trône ou je pourrai trouver mes réponses, et comme ma raison me le disait elle était vide. Néanmoins il y avait un cristal qui lévitait doucement au dessus du trône et il dissipait l'Ombre environnante. Ce genre de cristal était très rare et réputé pour être utilisé afin de transmettre des informations de la plus haute importance. Or la particularité de cette pierre était qu'elle ne transmettait son savoir qu'à un unique destinataire. La pierre resta inerte à mon contact, ce qui me surpris quelque peu. Perplexe, je faisais glisser la gemme à Maarifa. A ma grande surprise il se brisa en une nuée d'éclats contenant des images et un bourdonnement bref et incompréhensible pour moi puis tout redevenait sombre à nouveau. Je m'approchai d'elle doucement avec un sourire qui ne cachait en rien l'envie que j'avais de savoir. Elle ne me répondit pas et me demanda simplement de la suivre. Nous quittons alors le palais pour nous enfoncer aux tréfonds des terres plongées dans les ténèbres. Sous sa forme originelle, elle émettait une lueur qui réchauffait en plus de nous offrir la sécurité d'une visibilité. Cette lueur était aussi le dernier et seul rempart contre l'Ombre de la Lune Noire. J'en profite alors pour noter mes sensations, car ce phénomène a toujours été cantonné à la rumeur et au mythe et n'a donc jamais été pris au sérieux. Les ténèbres flottaient autour de la flamme et je sentais que mon amie volait selon ses sens. Elle m’annonça alors le plus calmement du monde ce qu'était la Lune Noire et que dans ce cristal, Dona l'avait supplié d'éloigner le phénomène.
Je compris que ma curiosité serait assouvie en temps voulue lorsqu'elle se mit à rugir un mot :

TOAN !

Et la noirceur s'illumina soudain de milliers de petites étoiles dangereuses et qui gravitaient autour de nous. Il n'y avait que la lumière qui émanait du torse de la dragonne qui retenait un assaut d'une nature que je ne pourrait qu'imaginer. Elle fondit et me déposa au sol.

  • Sors tes glaives !
  • Pourquoi ?
  • Sors les, tu vas mourir. Je ne l'ai que rarement vu aussi pressante et m'éxécutait
  • Lance les, maintenant.
  • Mais...
  • Je ne veux juste pas que tu te brûle....
Je lancai les lames aussi haut que possible et elle se mit à cracher un feu qui dévorait l'air et qui était aussi empreint d'une magie dont j'ai un cuisant souvenir...

  • Ne les laisse pas s'éteindre.
  • Quoi ? Pourquoi ? Les armes me retombaient en mains
  • Je vais me battre là haut, tu ne peux pas assister à ce que je vais faire et te laisser seul au sol serait trop dangereux. Laisse le feu s'imprégner de toi et l'Art de la Danselame viendra tout seul.
  • Tu oublies que je ne sais pas me battre ! Ma remarque s'étouffa dans les ténèbres alors qu'elle s'élevait dans un grognement.

Je regarde les objets qui brillent doucement, sans remarquer que les ténèbres serpentent tout autour de moi. Elles brillèrent soudain, m'évitant une mort prématurée. Je ne sais pas me battre, et elle me disait de laisser couler la Flamme sur moi. Je sais qu'elle n'a pas oublié que les cristaux dans mon bras peuvent exploser à tout moment.

LAISSE TOI ALLER !

C'était un ordre de la part d'un dragon qui résonnait, ma condition d'humain me rappelait qu'il fallait que j'obéisse dans l'instant. Je repense alors à la Poursuite, fermant les yeux comme un défi au danger qui m'entoure. J'entends des grognements et des claquements, il y a aussi cette sensation entre mes mains, j'oublie les cristaux et je laisse couler cette intensité à travers moi. Et puis j'ouvre les yeux, je sais et sens qu'il y quelque chose de changé. L’Ombre a laissé place à une horde de créatures que je ne saurais décrire. Au dessus de moi, Maarifa multipliait les explosion et le lien de l'esprit me faisait comprendre qu'elle allait préparer quelque chose d'immense. Hyrulia disparaîtrait à cause de ça. Cela m'importait peu, le feu et la magie d'un dragon coulait en moi et les monstres s'approchaient. Il y eut un flot se savoir que je n'avais pas appris qui circulait devant mes yeux et entrait en moi, partout. Et ce fut comme dans un rêve ou tout est ralenti, mon corps se mit à bouger, mes bras et jambes prenaient des mouvements qui tranchaient et coupaient à chaque fois des créatures qui tombaient à cause de la lumière qui émanaient des lames. Alors les abominations se regroupèrent dans une forme humanoïde qui me ressemble et qui réussit à parer mes mouvements. A gauche puis à droite, d'attaque en défense, les parades et les passes d'armes se faisaient de plus en plus vives. Jamais je n'aurai pu accomplir ce genre de mouvements normalement. Je repensais au fait que ce n'était que le savoir de mon amie qui circulait dans mes veines. Elle est jeune pour une dragonne et j'en apprendrais plus auprès d'elle qu'aucun autre marchemonde. Je sentis son souffle derrière moi avant de m'évanouir....
Le vent stellaire et de vraies étoiles. La chaleur due à la proximité d'une étoile et un flux de questions qui s'arrêta à cause de mon corps qui me faisait atrocement souffrir.

  • Écoute moi, Hyrulia a été détruite et la Lune Noire est maintenant une vraie légende. Mais avant de retourner sur Exploria et compiler tes écrits et souvenirs nous devons retrouver Dona, elle a un message des plus inquiétants concernant un objet qui serait aux limites de l'Univers. J'ai été surpris par ton affinité pour l'art de l'épée, pour quelqu'un qui ne sait pas se battre, pour autant, ce savoir qui n'est pas tien n'est que temporaire et il te faudra apprendre par toi même et peut être que par chance tu atteindras ce niveau...
  • Qu'as tu fait à la planète ?
  • Je ne porte pas le nom de cracheflamme pour rien mon ami. Retourne toi.

Ce que je vis alors dépassait tout ce que j'avais appris en dix ans et même mes cristaux se mirent à vibrer. Une étoile naissait dans un formidable mélange d'énergie magique. Je compris que c'était une prison pour un mal sombre et je m'allongeai à nouveau, prenant mon mal en patience.

  • Nous croiserons certainement Chandra et quelque uns de ses amis sur la voie qui mène à Tharion
  • Chandra, c'est vrai que nous devons traverser son secteur de recherche...
à suivre...

Un voyage sans fin...



Exploria.
Fleuron de l'apprentissage de l'exploration et une réputation à la hauteur de sa difficulté. Les plus grands marchemondes sortent de cette école, mais pour un seul d'entre eux combien ont abandonné ou sont morts? Il se dit qu'un appelé sur cent obtiendra le titre de convoité de Marchemonde.
Je ferai partie de cette élite, tout à l'heure parce que j'ai passé et réussi toutes les épreuves et en plus je suis en vie. J'ai tout appris, avec ma compagne et amie m'a permis d'aller au bout de ce parcours. Il ne me reste qu'à attendre mon passage devant le Conseil qui si je le réussis, m'offrira mes armes uniques. Maarifa est là dans la forme sous laquelle elle m'est apparue pour la première fois; magnifique dragonne d'or et de rubis m'enveloppant de ses ailes et me sauvant d'une mort certaine lors du rituel de la Poursuite. Elle me distrait avec le rayon de soleil qui glisse et qui tombe sur le bout de sa queue qui se transforme en une flamme multicolore et qui m'évite de penser à un possible refus de la part des membres capricieux du Conseil.
Ils sont cinq à représenter les aspects de l'exploration à tel points que leurs noms se perdirent et devinrent Audace, Curiosité, Force, Sagesse et Magie. Il fallait que quatre d'entre eux acceptent pour devenir un marchemonde à part entière. Maarifa reprit forme humaine et me fit une chaleureuse étreinte dont elle avait le secret et qui m'emplissait toujours d'un courage sans bornes, il m'en faudrait beaucoup alors que les immenses portes s'ouvraient pour me laisser entrer et faire face au Jugement. La salle était une représentation d'une partie de l'univers que j'ai reconnu grâce à l'emplacement des étoiles et qui me plaisait beaucoup. C'était là dans cette partie d'Univers que Maarifa était née, selon elle. Je pouvais toucher du doigt les étoiles et faisais attention à ne pas les déplacer. La seule chose qui m'est venue a été de m'asseoir pour observer le mouvement des étoiles car c'est une chose qu'on ne peut pas faire à taille humaine. Doucement, quelqu'un arriva devant moi, se détachant du paysage stellaire dans une tenue qui semblait faite de l'étoffe de l'Univers. La forme s'assit silencieusement à coté de moi et alors je commencais à cerner difficilement les bords de sa tenue, une voix venant de tous les cotés me fit sursauter.

"Te déplacer ici aurait causé un cataclysme dont les conséquences dépasseraient ton imagination, aussi fertile qu'elle soit"

Et puis le silence à nouveau, alors qu'un vent frais se fit sentir avec quelque chose d'autre. Quelque chose qui faisait dresser mes poils, une sensation ressentie que lorsque j'avais dans le secret trangressé la Loi et avait exploré un monde interdit, pour la beauté et le danger des cristaux explosifs d'Eltar. Mes souvenirs revenus, je me suis souvenu que c'est ce jour la que la magie s'est mise à couler en moi, grace à Maarifa et une explosion dont je garde des éclats dans mon bras, pour ne pas oublier. Et puis je tourne  ma tête en direction du Voile.

- Qui es tu?
- Je suis ce que tu as vu, je suis ce que tu verras, je suis ce qui te permettra d'affronter les mondes. Tu es marchemonde désormais.

Une brume argentée, une perte de conscience mais une profonde joie m'emplissait car enfin l'Univers n'avait désormais pour unique limite celle de ma vie.

Un réveil léger, sous le regard aux pupilles fendues de mon amie qui m'assaillit de questions dans sa langue alors que je peine à revenir dans ce monde. Cette salle m'avait fait gouter à l'Infini et je souris en y repensant. Avec son accent si particulier elle me dit qu'il y avait des objets et une lettre pour moi. Sans doutes des félicitations et cette curiosité maladive finit de m'éveiller pour aller voir ces "objets". Il y avait deux fourreaux en écailles de changelin et une cape. Mon corps tremble et je n'ai pris que la lettre sur laquelle était inscrite les armoiries hyruliennes du dernier cycle stellaire de la région. Je ne fis qu'un bond dans les bras de mon amie.

- Nous sommes marchemondes !

Parce que j'ai réussi, elle aussi devient une exploratrice. Elle est liée à moi à cause du rite auquel elle a répondu. Depuis lors, je suis lié à elle autant qu'elle l'est à moi par un lien que la distance et même la mort ne pourraient briser. Elle me sourit doucement quand je lui dit qu'on se rendrait sur Hyrulia à cause du message étrange car signé de ma main. Et pour autant que je me souvienne, je ne suis jamais allé aussi loin dans mes explorations. Nous partons sans plus de préparations vers cette ville planète au mystère entier...

A suivre....

Un mauvais rêve


"Bonjour"
Ainsi commençait ma nouvelle journée et ce jour est spécial et je me plais à me dire qu'il l'est pour tous les couples de la planète même si ça l'est un peu plus pour moi. Depuis cette course dans mon aero taxi ça va faire dix ans que je transporte la plus belle des passagères. Ses cheveux d'ébène avaient cette odeur de cacao et sa peau halée me rappelaient que l'été était au plus fort. Et je finissais ce doux réveil dans ses yeux couleur noisette qui malgré le fait qu'ils étaient juste ouverts, reflétaient déjà l'éclat de la malice et du jeu. Elle se rapprochait doucement de moi dans une étreinte chaude et agréable.
"-Les enfants vont nous entendre.
-ils ne sont pas là
-les voisins !
- si tu n'utilises pas tes mains ça devrait aller!"

Je la regardais dans ma chemise, comme si c'était la première fois qu'elle venait, comme si le temps avait figé cette journée pour qu'elle recommence de la même façon. Je demandais à Jarvis de préparer le petit déjeuner et je la rejoignais sur la terrasse. Elle nous offrait une vue sur la ville qui s'éveillait sous l'éclat des soleils. Les dirigeables ressemblaient à des poissons argentés et les autres véhicules à des bancs de poissons voguant vers leur destination. Le monde continuait de fonctionner et ce même lorsqu'on s'en écarte. L'odeur des croissants se fit sentir et j'invitais ma douce à venir manger avec moi.
Instant hors du temps ou je profite avec elle de la nourriture et du bruit de fond de l'écran qui flottait doucement au dessus de la table. Rapidement mangé, elle et moi sortions pour aller dans un parce immense ou nous pourrions profiter de la journée. Sur le trajet, nous nous échangions des sourires et tendresses innocentes. Rien n'aurait pu prévoir la suite des événements. Quelque chose se produisit, j'en avait entendu parler il y a bien longtemps mais je pensais que c'était un fantasme scientifique... Tout était flou dans ma tête à ce moment précis ou tout changea. Je me sentais traversé par une énergie qui me faisait vibrer alors que le monde autour de moi semblait fondre et se dissoudre dans une brume aux reflets bleutés. Je savais qu'il y avait des risques car nous étions en dehors des zones protégées et que l'orage était permanent malgré son invisibilité, mais la probabilité qu'une décharge nous frappe était nulle, parce que nous étions sur une route. J'avais peur et d'instinct je protégeais de mon corps ma femme qui s'était elle aussi dissoute, son sourire restera gravé à jamais.
J'étais désormais nulle part, je le sentais et j'étais seul avec mes souvenirs, il y avait quelque chose de changé en moi, sans doute parce que je sentais des choses traverser mon corps qui n'avait plus rien de tangible. J'étais transpercé par l'infini, observant des choses que je ne comprenais pas, il y avait des images, des sons, des sensations qui s'inscrivaient dans mon esprit. En rien agréable car il y en avait beaucoup trop pour que je puisse tout saisir. Ça provoquait en moi une douleur qui me rendait fou, je pensais que c'était un mauvais rêve jusqu'à ce que je revois cette journée se répéter. Dix fois de suite. Sans vraiment comprendre et puis j'ai commencé à regarder, simplement car ce sont les dernières images de celle que j'aime. Seul dans un vide je regardais les images sur un écran sans bords qui me permettait de ressentir encore et encore cette journée. C'en devenait écœurant et je criais pour que ce supplice s'arrête. Je sentais le temps s'écouler dans mon esprit et cette journée perdait tout son intérêt à mes yeux. J'errais dans ce vide sans vie et silencieux, intangible et admettant petit à petit ma situation.
Sans le vouloir, je me retrouvais à regarder et parfois même assister, dans le corps d'autres à des événements passés et futurs, dans des langues que je ne comprenais pas et je voyais l'Histoire s'écrire d'une encre parfois sanglante. Entre guerres, discours, naissance et morts. J'étais devenu autre chose, observateur silencieux qui prenait des notes mentales et voyais les schémas se reproduire sur le voile de l'Espace-Temps. Des voies comme autant de choix qui se créent. J'ai parfois regardé et parfois j'ai choisi d'intervenir bouleversant sans doute et sans craintes l'Histoire. Il n'y a aucune force « supérieure » qui m'a interrompu dans mes actes alors que parfois, lorsque la folie prenait le pas, des choses étranges se produisaient.
Le temps passa avant que je réalise enfin que je pouvais changer cette journée qui m'a amené ici. Alors je cherchais sur cette immense toile, le fil de ma Vie et l'observais, ressentant à nouveau, sans rien toucher. Il y avait quelque chose de changé, mes choix n'étaient pas ceux de mes souvenirs et cette femme n'était pas la mienne. Je ne comprenais pas tout de suite que j'avais changé mon histoire par mes choix et ma simple présence dans ce lieu indéfini. A la constatation de ce fait un éclair me traversa la tête et je fus pris dans un tourbillon stellaire et je me sentais tomber sans pouvoir rien faire. Tout ce pouvoir, tout ce savoir qui s'échappe de moi comme si je n'avais rien vécu comme si je revenais à l'état de fœtus pour tout recommencer...

"Bonjour"
Ainsi commence ma nouvelle journée après ce rêve curieux. Ce jour est spécial et je me plais à me dire qu'il l'est pour tous les couples de la planète même si ça l'est un peu plus pour moi. Depuis cette course dans mon aero taxi, ça fait aujourd'hui dix ans que je transporte la plus belle des passagères. Ses cheveux d'ébène avaient cette odeur de cacao et sa peau halée me rappellent que l'été est au plus fort. Et je finissais ce doux réveil dans ses yeux couleur noisette qui malgré le fait qu'ils étaient juste ouverts, reflétaient déjà l'éclat de la malice et du jeu. Elle se rapproche doucement de moi dans une étreinte chaude et agréable... Il y a un air de déjà vu et j'ai l'impression que quelque chose d'impossible va se produire alors je la prends dans mes bras et l'embrasse tendrement comme si c'était la dernière fois.
« Les enfants vont nous entendre ! »