mercredi

l'âme d'un objet...



Tout a commencé par une nuit d'orage et ma naissance fut marquée par le bruit du tonnerre. Il sera aussi mon premier ami et le seul pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'une je ressente sur moi une chaleur inconnue. Une nouvelle sensation qui me surprit parce que Foudre qui m'entourait de sa piquante étreinte s'était apaisée. Le contact était ferme et solide et je me sentais virevolter avec légèreté dans les airs. J'expérimentais pour la première fois cette sensation de liberté, et aussi celle d'un lien naissant car il y avait beaucoup plus que du chaud qui passait par ce contact. Cette main fit connaître pour la première fois l'obscurité à mon cristal. Mais je me sentais aussi me déplacer avec lourdeur dans l'inconnu et lorsque qu'enfin je fus sortie de ce noir écrin, je fus éblouie par la beauté d'un monde qui s'offrait à moi. Bien qu'un peu secouée, j'étais submergée par le flot de couleurs de nouvelles. Et puis tout s'assombrit au dessus de moi, je fus levée vers le haut et Foudre me rejoignit en même temps que quelque chose qui m'étais inconnu. Une immense créature entourée d'amis de Foudre et qui avait un cri assourdissant, elle ne touchait pas le sol et semblait effrayer les autres créatures qui m'entouraient. Mais celui qui me tenait se mit à me faire danser comme la première fois et j'attirais les amis de Foudre. Eux aussi dansaient autour de moi lorsque soudain, je me sentis m'enfoncer dans une substance molle et visqueuse. Puis un liquide rouge se mit à sortir et à pleurer sur le sol. Il était bouillant d'images et d'autres choses que je ne comprenais pas alors que la chose qui volait tout à l'heure tombait dans un nuage de poussière.
Le silence.
Les cris de joie intense de ceux qui entouraient celui qui me portait et à nouveau il me leva vers le haut. Je sentis que sa main était plus chaude et qu'elle vibrait avec force, puis il m'abaissa doucement et plongea ses cristaux dans le mien avant de chuchoter ce qui allait devenir mon premier nom.

Chanteciel.

J'étais heureuse et il me parlait souvent et je lui parlais beaucoup, il m'apprit beaucoup de choses et j'ai appris beaucoup à cause de ce liquide rouge dans lequel il me trempais. Une divergence de savoirs que j'amassais malgré moi et je finissais par donner des noms et comprendre le sens de ce que je voyais et faisais. Le monde qui m'entourait était vaste et l'homme qui me transportait me le faisait découvrir, à cheval tout d'abord et puis je découvris la mer et son vent humide que je trouvais désagréable. Foudre restait au loin dans les nuages car l'eau le rendait violent. Mon porteur et moi montions pour la première fois sur un bateau. Une traversée calme pour moi jusqu'à ce qu'un cri me fit comprendre que quelque chose n'allait pas, je me sentais entourée d'eau et m'enfoncer loin de la lumière du ciel. Je dansais sans porteur et m’enfonçais doucement encore plus profondément.
Il m'arrivait de croiser dans ma chute des lueurs étranges et des créatures bizarres à la gueule immense et sans pattes. Et puis je touchais enfin le sol. J'avais froid et il n'y avait aucun bruit. J'étais libre à l'extérieur de mon fourreau mais je ne pouvais qu'attendre. J'en profitais pour écouter le chant d'animaux que je ne verrais jamais et sentis la terre trembler sous moi. Je mis à penser que plus jamais je n'aurais de porteur et commençais à m'imprégner de l'essence de l'élément qui m'entourait, j'avais compris que Foudre ne me rejoindrais pas ici. Il y avait des voix qui chantaient autour de moi mais aucune ne me plaisait. C'est alors que deux petites lueurs se fixèrent sur moi et je me sentis soulevée. Je ressentis à nouveau cette chaleur sur moi. Un nouveau porteur, qui avait quelque chose de différent. Ses vibrations me permettaient de voir ce qui m'entourait et je sentais l'eau glisser par endroits sur moi. Il y a eu quelque chose d'étrange, je me sentais lourde et encombrée et je ne tranchais plus. Le porteur ne me parlait pas comme j'en avais l'habitude et chuchota le seul mot de sa langue que je ne comprendrais jamais.

Anugerah.

Il m'a fait passer entre les mains froides d'hommes étranges qui me forçaient à accepter des choses et me marquaient. J'avais mal pendant un temps, mais je luisais d'un éclat qui m'était étranger. Il y avait toujours ces choses qui m'empêchaient de trancher et aussi cette voix douce dans l'éclat à laquelle je ne voulais pas répondre au début. Et puis mon nouveau porteur me brandit dans l'eau et je sentis toute l'énergie de l'océan découler à travers moi. Comme dans le souvenir du liquide rouge, tout le savoir et tous les noms me parvenaient dans ce souffle. La douce voix contenait la douleur causée par les marques et je voyais autour de moi tout redevenir plus beau et intense comme si la vie reprenait la ou elle s'était arrêtée grâce à moi et mon porteur.
Et il s'arrêta de vibrer et je tombais dans un champ d'algues avant qu'une autre main froide m'attrape. L'obscurité à nouveau et puis la sensation presque oubliée de la légèreté qu'il avait à être dans l'air. Ça ne dura pas longtemps, je fus plongée à nouveau dans la noirceur alors que le contact bouillant des souvenirs de centaines d'hommes et animaux influaient en moi à cause de ce bain.

Du sang.

La force de l'eau se mélangeait à celle du sang. La douce voix s'enraya et le vert éclat devint noir et bleu. J'avais enfin retrouvé ma légèreté mais maintenant je voulais malgré moi goûter au sang et j'en devenais assoiffée à un point que je vidais le bain dans lequel j'étais trempée. Je ne pensais plus à Foudre, il n'y avait que le sang et son savoir qui m'intéressais. Une jeune fille que je traversais sans rien ressentir parce que trop jeune et pas assez de souvenirs. Sa voix s'ajoutait à celle déjà rauque. La froide main me fit danser et elle se releva à nouveau alors que toute sa vie était en moi. Un rire métallique se fit entendre alors qu'elle se déplaçait sous les ordres de l'homme. Il caressa mon tranchant, désagréable sensation que j'écourtais en le délestant d'une goutte de vie qui contenait des souvenirs horribles et des expériences macabres. Des dizaines d'autres voix s'ajoutèrent alors.
J'y prenais goût et ce porteur le sentait. Bien qu'on ne parlait pas la même langue, il savait qu'il devait et il le faisait bien. Nous enchaînions les batailles sans jamais perdre. Un peuple parlait dans mon sillage désormais et à chaque mouvement les lamentations et les cris d'effrois des femmes, enfants et guerriers tombés sous mes coups se faisaient entendre. Autant de cris que de corps qui constituaient une légion déjà morte et au pouvoir que l'on pourrait qualifier de terrifiant. A travers le sang, je connaissais le monde qui m'entourait et je me perdais dans la folie de ce savoir. Et son souffle métallique dit quelque chose au dessus de mon cristal.

Angurva.

Il dit aussi qu'en moi coulait la rivière de l'effroi et que je ne pourrais être vaincue. Il me leva alors vers le ciel et je vis tous ceux dont j'avais pris la vie partir dans un assaut désarticulé vers une immense forteresse et devant laquelle il y avait un homme avec quelque chose qui me ressemblait dans la main. Ça brillait très fort et les corps brûlaient sur son passage. Il se dirigeait vers nous et je sentais une rage vibrer à travers moi. Pour la première fois, la main qui me tenais étais chaude au delà de tout ce que j'avais pu ressentir et je le comprenais. Seul, il avait détruit une armée qui n'avait jamais été vaincue. Il y avait aussi ce cri que l'objet enflammé libérait à chaque fois que l'homme soulevait son épée. Un souffle plus tard, j'embrassais son brûlant contact avec une violence que je n'ai jamais. Nous parlions la même langue et dans les chocs, je lui contais mon histoire. Il était Ugin, la volonté enflammée du Dragon. Il m'a confié qu'il n'avait pas toujours connu cette condition de lame et qu'avant il volait fièrement dans les cieux vivant selon son instinct. Et puis il a vu le Fléau des Temps agir. Il me disait que de l'eau, ma volonté avait atteint celle du sang. Troublée, à chaque contact, je m'affaiblissais doucement sans comprendre. Depuis longtemps, il me sapait sans que je puisse rien y faire. Mon porteur ne comprenait pas et les assauts furent désordonnés, je ne compris pas pourquoi. Ma soif de sang s'apaisait alors que la main du porteur redevenait froide. Il me laissait tomber doucement. Je compris qu'il était mort et le porteur de Ugin me prit. Il parlait ma langue et je lui contais mon histoire. Cela dura des jours et des nuits à la lueur de la Flamme. Et il me souleva vers le ciel et appela Foudre. Son contact électrisant m'avait manqué. Le porteur m'emporta alors avec lui. Plus jamais je ne connus l'obscurité et la violence. Malgré tout, la voix et l'aura sont restés moins rauques, elles me content les histoires du sang que j'ai absorbés. Une éternité entrecoupée de combats avec mon nouvel ami enflammé. L'homme qui m'avait reprit me renomma alors d'un nom que le temps m'avait permis d'oublier.

Chanteciel.

Un interlude...



C'est une histoire qui m'a été contée par un Chêne alors que j'errais sans but dans les Bois de l'Oubli...
"Toi qui voyage par ces bois qui couvrent les Monts Gelés, prends garde à tes pensées car cette terre est hantée par la volonté des guerriers morts pour la Princesse des fées.
Onze lames noires chantent et abreuvent nos racines du sang des imprudents et des fous qui osent encore traverser les Bois de l'Oubli.

Longtemps avant l'arrivée de ton espèce, cette terre a connu la Guerre du peuple elfique contre celui des fées. Ce bois était encore jeune et le soleil nous réchauffait sans peine. C'est alors qu'une escorte composée de l'élite guerrière des fées, les Ailes noires accomplissait une mission de protection. On les nommait ainsi parce qu'ils semblaient voler sur les champs de bataille, sans pitié envers leurs adversaires et se battant avec des épées faites d'un métal qui s'assombrissait au fil des batailles.
La princesse devait se rendre à la Citadelle d'Alihor pour la paix entre les deux peuples, le groupe fut surpris par un bataillon elfique embusqué. Une escarmouche dont les fées surent se sortir mais furent acculées dans une grotte. Aucune sortie n'était possible pour elles et l'avantage du nombre n'offrait que la mort au groupe coincé dans les ténèbres. Alors par groupes, les assiégeants lancèrent des assauts contre les Ailes Noires et perdirent à chaque fois. Des jours et des nuits passèrent sans que les fées ne reçurent aucune aide que ce soit. Ils repoussèrent les assauts elfiques tant bien que mal, usant de toutes leurs forces magiques et physiques. Un combat dont aucuns d'entre eux n'aurait pu ressortir vivants. Lassés de ce jeu qu'ils semblaient perdre, les elfes mirent le feu à la grotte, espérant ainsi les contraindre à sortir les fées de leur cachette.
Contre toute attente, seule la princesse sortit d'un pas assuré. L'assaut des elfes ne se fit pas attendre. Elle survécut, mais ce qu'il advint de ses adversaires, la forêt a préféré l'oublier.
Il n'y avait aucune main derrière ces onze épées qui gravitaient autour de la jeune femme. Pourtant même les bois tremblaient devant une telle volonté. Les blessures mortelles et la magie des armes ont transformé ces guerriers.
La paix fut instaurée, mais les bois de l'Oubli sont encore férocement gardés par les esprits de ces guerriers qui sont morts pour la paix.
Et les soirs de pleine lune, on peut entendre le sifflement du danger des Ailes Noires."

La fin d'un monde....



Le vide interstellaire. Ma nouvelle condition de Marchemonde m'interdisait de prendre les transports de façon conventionnelle et puis aussi parce que ça me convenait de prendre mon temps. Au détour d'une étoile ou après le passage de comètes, il était possible de croiser des créatures d'un âge que l'on a peine à imaginer. On les nomme Seigneurs du Temps à cause de ce fait. Heureusement pour moi, je n'en ai pas croisé lors de ce voyage pour Hyrulia. J'y suis donc arrivé en une dizaine de jours sur le dos de Maarifa. Cette « jeune » dragonne faisait partie de l'élite de son peuple. Elle était une des cracheflamme les plus puissantes qui soient et grâce à elle, nombre de systèmes solaires possèdent encore une source de lumière. Elle entrera sans doute dans la Légende de l'Univers bien avant que mes explorations m'offrent la renommée...
Nous arrivons doucement dans l'atmosphère calme mais difficilement respirable de la planète.
Il y a encore quelques heures de vol jusqu'à l'arrivée au palais de Dona donc j'en profite pour enfin regarder les armes qui m'ont été offertes. Des épées jumelles grandes comme mon avant bras dont la poignée tient parfaitement dans mes mains. Elles sont faites d'un acier doré aux reflets muliticolores que je n'ai encore jamais vu et il me faudra explorer encore longtemps pour trouver la provenance de ce métal. Elles ne sont pas tranchantes mais dégagent une impression étrange alors que je les prends en main. Nous arrivons enfin au palais de la princesse et sommes surpris par le calme et le silence et la pénombre presque tangible qui règne alors que nous sommes en pleine période du Renouveau. Cette planète est soumise à une longue nuit qui touchait à sa fin alors que nous arrivons sur l'aéroport du palais. Nous nous dirigeons aussi discrètement que possible pour ne pas troubler la quiétude des lieux, mais nous sommes tout de même surpris par un commis de cuisine du palais qui semblait se déplacer aussi furtivement que nous dans la pénombre.

  • Excuse moi, tu es seul ici ?
  • Non il y avait de la vie avant... Il semblait terrifié et en même temps très heureux de nous voir
  • Avant quoi ?
  • La Lune Noire. Et tout le monde a disparu. Sa voix devenait fébrile et il se mettait à trembler de tout son être.
  • Cest arrivé quand ?
  • Il a y a maintenant deux nuits.

Et il repartit dans une errance à la recherche d'un lieu qui pourrait le sauver. L'idée de partir me traversa l'esprit mais mon instinct me guidait vers la salle du trône ou je pourrai trouver mes réponses, et comme ma raison me le disait elle était vide. Néanmoins il y avait un cristal qui lévitait doucement au dessus du trône et il dissipait l'Ombre environnante. Ce genre de cristal était très rare et réputé pour être utilisé afin de transmettre des informations de la plus haute importance. Or la particularité de cette pierre était qu'elle ne transmettait son savoir qu'à un unique destinataire. La pierre resta inerte à mon contact, ce qui me surpris quelque peu. Perplexe, je faisais glisser la gemme à Maarifa. A ma grande surprise il se brisa en une nuée d'éclats contenant des images et un bourdonnement bref et incompréhensible pour moi puis tout redevenait sombre à nouveau. Je m'approchai d'elle doucement avec un sourire qui ne cachait en rien l'envie que j'avais de savoir. Elle ne me répondit pas et me demanda simplement de la suivre. Nous quittons alors le palais pour nous enfoncer aux tréfonds des terres plongées dans les ténèbres. Sous sa forme originelle, elle émettait une lueur qui réchauffait en plus de nous offrir la sécurité d'une visibilité. Cette lueur était aussi le dernier et seul rempart contre l'Ombre de la Lune Noire. J'en profite alors pour noter mes sensations, car ce phénomène a toujours été cantonné à la rumeur et au mythe et n'a donc jamais été pris au sérieux. Les ténèbres flottaient autour de la flamme et je sentais que mon amie volait selon ses sens. Elle m’annonça alors le plus calmement du monde ce qu'était la Lune Noire et que dans ce cristal, Dona l'avait supplié d'éloigner le phénomène.
Je compris que ma curiosité serait assouvie en temps voulue lorsqu'elle se mit à rugir un mot :

TOAN !

Et la noirceur s'illumina soudain de milliers de petites étoiles dangereuses et qui gravitaient autour de nous. Il n'y avait que la lumière qui émanait du torse de la dragonne qui retenait un assaut d'une nature que je ne pourrait qu'imaginer. Elle fondit et me déposa au sol.

  • Sors tes glaives !
  • Pourquoi ?
  • Sors les, tu vas mourir. Je ne l'ai que rarement vu aussi pressante et m'éxécutait
  • Lance les, maintenant.
  • Mais...
  • Je ne veux juste pas que tu te brûle....
Je lancai les lames aussi haut que possible et elle se mit à cracher un feu qui dévorait l'air et qui était aussi empreint d'une magie dont j'ai un cuisant souvenir...

  • Ne les laisse pas s'éteindre.
  • Quoi ? Pourquoi ? Les armes me retombaient en mains
  • Je vais me battre là haut, tu ne peux pas assister à ce que je vais faire et te laisser seul au sol serait trop dangereux. Laisse le feu s'imprégner de toi et l'Art de la Danselame viendra tout seul.
  • Tu oublies que je ne sais pas me battre ! Ma remarque s'étouffa dans les ténèbres alors qu'elle s'élevait dans un grognement.

Je regarde les objets qui brillent doucement, sans remarquer que les ténèbres serpentent tout autour de moi. Elles brillèrent soudain, m'évitant une mort prématurée. Je ne sais pas me battre, et elle me disait de laisser couler la Flamme sur moi. Je sais qu'elle n'a pas oublié que les cristaux dans mon bras peuvent exploser à tout moment.

LAISSE TOI ALLER !

C'était un ordre de la part d'un dragon qui résonnait, ma condition d'humain me rappelait qu'il fallait que j'obéisse dans l'instant. Je repense alors à la Poursuite, fermant les yeux comme un défi au danger qui m'entoure. J'entends des grognements et des claquements, il y a aussi cette sensation entre mes mains, j'oublie les cristaux et je laisse couler cette intensité à travers moi. Et puis j'ouvre les yeux, je sais et sens qu'il y quelque chose de changé. L’Ombre a laissé place à une horde de créatures que je ne saurais décrire. Au dessus de moi, Maarifa multipliait les explosion et le lien de l'esprit me faisait comprendre qu'elle allait préparer quelque chose d'immense. Hyrulia disparaîtrait à cause de ça. Cela m'importait peu, le feu et la magie d'un dragon coulait en moi et les monstres s'approchaient. Il y eut un flot se savoir que je n'avais pas appris qui circulait devant mes yeux et entrait en moi, partout. Et ce fut comme dans un rêve ou tout est ralenti, mon corps se mit à bouger, mes bras et jambes prenaient des mouvements qui tranchaient et coupaient à chaque fois des créatures qui tombaient à cause de la lumière qui émanaient des lames. Alors les abominations se regroupèrent dans une forme humanoïde qui me ressemble et qui réussit à parer mes mouvements. A gauche puis à droite, d'attaque en défense, les parades et les passes d'armes se faisaient de plus en plus vives. Jamais je n'aurai pu accomplir ce genre de mouvements normalement. Je repensais au fait que ce n'était que le savoir de mon amie qui circulait dans mes veines. Elle est jeune pour une dragonne et j'en apprendrais plus auprès d'elle qu'aucun autre marchemonde. Je sentis son souffle derrière moi avant de m'évanouir....
Le vent stellaire et de vraies étoiles. La chaleur due à la proximité d'une étoile et un flux de questions qui s'arrêta à cause de mon corps qui me faisait atrocement souffrir.

  • Écoute moi, Hyrulia a été détruite et la Lune Noire est maintenant une vraie légende. Mais avant de retourner sur Exploria et compiler tes écrits et souvenirs nous devons retrouver Dona, elle a un message des plus inquiétants concernant un objet qui serait aux limites de l'Univers. J'ai été surpris par ton affinité pour l'art de l'épée, pour quelqu'un qui ne sait pas se battre, pour autant, ce savoir qui n'est pas tien n'est que temporaire et il te faudra apprendre par toi même et peut être que par chance tu atteindras ce niveau...
  • Qu'as tu fait à la planète ?
  • Je ne porte pas le nom de cracheflamme pour rien mon ami. Retourne toi.

Ce que je vis alors dépassait tout ce que j'avais appris en dix ans et même mes cristaux se mirent à vibrer. Une étoile naissait dans un formidable mélange d'énergie magique. Je compris que c'était une prison pour un mal sombre et je m'allongeai à nouveau, prenant mon mal en patience.

  • Nous croiserons certainement Chandra et quelque uns de ses amis sur la voie qui mène à Tharion
  • Chandra, c'est vrai que nous devons traverser son secteur de recherche...
à suivre...

Un voyage sans fin...



Exploria.
Fleuron de l'apprentissage de l'exploration et une réputation à la hauteur de sa difficulté. Les plus grands marchemondes sortent de cette école, mais pour un seul d'entre eux combien ont abandonné ou sont morts? Il se dit qu'un appelé sur cent obtiendra le titre de convoité de Marchemonde.
Je ferai partie de cette élite, tout à l'heure parce que j'ai passé et réussi toutes les épreuves et en plus je suis en vie. J'ai tout appris, avec ma compagne et amie m'a permis d'aller au bout de ce parcours. Il ne me reste qu'à attendre mon passage devant le Conseil qui si je le réussis, m'offrira mes armes uniques. Maarifa est là dans la forme sous laquelle elle m'est apparue pour la première fois; magnifique dragonne d'or et de rubis m'enveloppant de ses ailes et me sauvant d'une mort certaine lors du rituel de la Poursuite. Elle me distrait avec le rayon de soleil qui glisse et qui tombe sur le bout de sa queue qui se transforme en une flamme multicolore et qui m'évite de penser à un possible refus de la part des membres capricieux du Conseil.
Ils sont cinq à représenter les aspects de l'exploration à tel points que leurs noms se perdirent et devinrent Audace, Curiosité, Force, Sagesse et Magie. Il fallait que quatre d'entre eux acceptent pour devenir un marchemonde à part entière. Maarifa reprit forme humaine et me fit une chaleureuse étreinte dont elle avait le secret et qui m'emplissait toujours d'un courage sans bornes, il m'en faudrait beaucoup alors que les immenses portes s'ouvraient pour me laisser entrer et faire face au Jugement. La salle était une représentation d'une partie de l'univers que j'ai reconnu grâce à l'emplacement des étoiles et qui me plaisait beaucoup. C'était là dans cette partie d'Univers que Maarifa était née, selon elle. Je pouvais toucher du doigt les étoiles et faisais attention à ne pas les déplacer. La seule chose qui m'est venue a été de m'asseoir pour observer le mouvement des étoiles car c'est une chose qu'on ne peut pas faire à taille humaine. Doucement, quelqu'un arriva devant moi, se détachant du paysage stellaire dans une tenue qui semblait faite de l'étoffe de l'Univers. La forme s'assit silencieusement à coté de moi et alors je commencais à cerner difficilement les bords de sa tenue, une voix venant de tous les cotés me fit sursauter.

"Te déplacer ici aurait causé un cataclysme dont les conséquences dépasseraient ton imagination, aussi fertile qu'elle soit"

Et puis le silence à nouveau, alors qu'un vent frais se fit sentir avec quelque chose d'autre. Quelque chose qui faisait dresser mes poils, une sensation ressentie que lorsque j'avais dans le secret trangressé la Loi et avait exploré un monde interdit, pour la beauté et le danger des cristaux explosifs d'Eltar. Mes souvenirs revenus, je me suis souvenu que c'est ce jour la que la magie s'est mise à couler en moi, grace à Maarifa et une explosion dont je garde des éclats dans mon bras, pour ne pas oublier. Et puis je tourne  ma tête en direction du Voile.

- Qui es tu?
- Je suis ce que tu as vu, je suis ce que tu verras, je suis ce qui te permettra d'affronter les mondes. Tu es marchemonde désormais.

Une brume argentée, une perte de conscience mais une profonde joie m'emplissait car enfin l'Univers n'avait désormais pour unique limite celle de ma vie.

Un réveil léger, sous le regard aux pupilles fendues de mon amie qui m'assaillit de questions dans sa langue alors que je peine à revenir dans ce monde. Cette salle m'avait fait gouter à l'Infini et je souris en y repensant. Avec son accent si particulier elle me dit qu'il y avait des objets et une lettre pour moi. Sans doutes des félicitations et cette curiosité maladive finit de m'éveiller pour aller voir ces "objets". Il y avait deux fourreaux en écailles de changelin et une cape. Mon corps tremble et je n'ai pris que la lettre sur laquelle était inscrite les armoiries hyruliennes du dernier cycle stellaire de la région. Je ne fis qu'un bond dans les bras de mon amie.

- Nous sommes marchemondes !

Parce que j'ai réussi, elle aussi devient une exploratrice. Elle est liée à moi à cause du rite auquel elle a répondu. Depuis lors, je suis lié à elle autant qu'elle l'est à moi par un lien que la distance et même la mort ne pourraient briser. Elle me sourit doucement quand je lui dit qu'on se rendrait sur Hyrulia à cause du message étrange car signé de ma main. Et pour autant que je me souvienne, je ne suis jamais allé aussi loin dans mes explorations. Nous partons sans plus de préparations vers cette ville planète au mystère entier...

A suivre....

Un mauvais rêve


"Bonjour"
Ainsi commençait ma nouvelle journée et ce jour est spécial et je me plais à me dire qu'il l'est pour tous les couples de la planète même si ça l'est un peu plus pour moi. Depuis cette course dans mon aero taxi ça va faire dix ans que je transporte la plus belle des passagères. Ses cheveux d'ébène avaient cette odeur de cacao et sa peau halée me rappelaient que l'été était au plus fort. Et je finissais ce doux réveil dans ses yeux couleur noisette qui malgré le fait qu'ils étaient juste ouverts, reflétaient déjà l'éclat de la malice et du jeu. Elle se rapprochait doucement de moi dans une étreinte chaude et agréable.
"-Les enfants vont nous entendre.
-ils ne sont pas là
-les voisins !
- si tu n'utilises pas tes mains ça devrait aller!"

Je la regardais dans ma chemise, comme si c'était la première fois qu'elle venait, comme si le temps avait figé cette journée pour qu'elle recommence de la même façon. Je demandais à Jarvis de préparer le petit déjeuner et je la rejoignais sur la terrasse. Elle nous offrait une vue sur la ville qui s'éveillait sous l'éclat des soleils. Les dirigeables ressemblaient à des poissons argentés et les autres véhicules à des bancs de poissons voguant vers leur destination. Le monde continuait de fonctionner et ce même lorsqu'on s'en écarte. L'odeur des croissants se fit sentir et j'invitais ma douce à venir manger avec moi.
Instant hors du temps ou je profite avec elle de la nourriture et du bruit de fond de l'écran qui flottait doucement au dessus de la table. Rapidement mangé, elle et moi sortions pour aller dans un parce immense ou nous pourrions profiter de la journée. Sur le trajet, nous nous échangions des sourires et tendresses innocentes. Rien n'aurait pu prévoir la suite des événements. Quelque chose se produisit, j'en avait entendu parler il y a bien longtemps mais je pensais que c'était un fantasme scientifique... Tout était flou dans ma tête à ce moment précis ou tout changea. Je me sentais traversé par une énergie qui me faisait vibrer alors que le monde autour de moi semblait fondre et se dissoudre dans une brume aux reflets bleutés. Je savais qu'il y avait des risques car nous étions en dehors des zones protégées et que l'orage était permanent malgré son invisibilité, mais la probabilité qu'une décharge nous frappe était nulle, parce que nous étions sur une route. J'avais peur et d'instinct je protégeais de mon corps ma femme qui s'était elle aussi dissoute, son sourire restera gravé à jamais.
J'étais désormais nulle part, je le sentais et j'étais seul avec mes souvenirs, il y avait quelque chose de changé en moi, sans doute parce que je sentais des choses traverser mon corps qui n'avait plus rien de tangible. J'étais transpercé par l'infini, observant des choses que je ne comprenais pas, il y avait des images, des sons, des sensations qui s'inscrivaient dans mon esprit. En rien agréable car il y en avait beaucoup trop pour que je puisse tout saisir. Ça provoquait en moi une douleur qui me rendait fou, je pensais que c'était un mauvais rêve jusqu'à ce que je revois cette journée se répéter. Dix fois de suite. Sans vraiment comprendre et puis j'ai commencé à regarder, simplement car ce sont les dernières images de celle que j'aime. Seul dans un vide je regardais les images sur un écran sans bords qui me permettait de ressentir encore et encore cette journée. C'en devenait écœurant et je criais pour que ce supplice s'arrête. Je sentais le temps s'écouler dans mon esprit et cette journée perdait tout son intérêt à mes yeux. J'errais dans ce vide sans vie et silencieux, intangible et admettant petit à petit ma situation.
Sans le vouloir, je me retrouvais à regarder et parfois même assister, dans le corps d'autres à des événements passés et futurs, dans des langues que je ne comprenais pas et je voyais l'Histoire s'écrire d'une encre parfois sanglante. Entre guerres, discours, naissance et morts. J'étais devenu autre chose, observateur silencieux qui prenait des notes mentales et voyais les schémas se reproduire sur le voile de l'Espace-Temps. Des voies comme autant de choix qui se créent. J'ai parfois regardé et parfois j'ai choisi d'intervenir bouleversant sans doute et sans craintes l'Histoire. Il n'y a aucune force « supérieure » qui m'a interrompu dans mes actes alors que parfois, lorsque la folie prenait le pas, des choses étranges se produisaient.
Le temps passa avant que je réalise enfin que je pouvais changer cette journée qui m'a amené ici. Alors je cherchais sur cette immense toile, le fil de ma Vie et l'observais, ressentant à nouveau, sans rien toucher. Il y avait quelque chose de changé, mes choix n'étaient pas ceux de mes souvenirs et cette femme n'était pas la mienne. Je ne comprenais pas tout de suite que j'avais changé mon histoire par mes choix et ma simple présence dans ce lieu indéfini. A la constatation de ce fait un éclair me traversa la tête et je fus pris dans un tourbillon stellaire et je me sentais tomber sans pouvoir rien faire. Tout ce pouvoir, tout ce savoir qui s'échappe de moi comme si je n'avais rien vécu comme si je revenais à l'état de fœtus pour tout recommencer...

"Bonjour"
Ainsi commence ma nouvelle journée après ce rêve curieux. Ce jour est spécial et je me plais à me dire qu'il l'est pour tous les couples de la planète même si ça l'est un peu plus pour moi. Depuis cette course dans mon aero taxi, ça fait aujourd'hui dix ans que je transporte la plus belle des passagères. Ses cheveux d'ébène avaient cette odeur de cacao et sa peau halée me rappellent que l'été est au plus fort. Et je finissais ce doux réveil dans ses yeux couleur noisette qui malgré le fait qu'ils étaient juste ouverts, reflétaient déjà l'éclat de la malice et du jeu. Elle se rapproche doucement de moi dans une étreinte chaude et agréable... Il y a un air de déjà vu et j'ai l'impression que quelque chose d'impossible va se produire alors je la prends dans mes bras et l'embrasse tendrement comme si c'était la dernière fois.
« Les enfants vont nous entendre ! »

Une histoire avec un peu d'émotion et beaucoup de plumes



Aujourd'hui rien d'extraordinaire. Juste une histoire au gré du vent, qui m'a été portée par une capricieuse brise.


C'est l'histoire d'une demoiselle chaudement entourée de ses amies, elle se disait que tout allait bien, que rien ne pourrait lui arriver, et pourtant. Pourtant elle vivra l'aventure de sa vie, contre son gré, mais finalement tout se passera bien pour elle. Tout commence dans l'ether, dans un monde ou aucun bruit ne peut vous atteindre, ou la seule mélodie que vous entendrez est celle du vent. Cette jeune femme, portée par cette mélodie virevolte entourée de ces amies, qui comme elles vibrent et dansent à chaque note de cette symphonie. Soudain elle se sent partir, elle sait qu'elle ne peut rien contre cette chute... Elle part en criant adieu à ses amies qui continuent leur danse tout en ignorant leur désormais ancienne amie.
Triste et portée par des notes lentes et calmes, elle ne remarque pas sa descente de l'éther pour se retrouver malgré elle dans un champ de coton. La vision qui suit ne peut l'empêcher de verser une larme, à moins que ce ne soit autre chose.... La voici qui remonte, aidée par une mélodie enjouée, elle se prend à espérer de retrouver ses amies. Elle danse comme jamais elle ne l'a fait auparavant. Cette liberté la grise au point qu'elle en oublie de rejoindre celles qu'elle a toujours connu. Elle se plait dans ces mélodies, lentes puis rapides, ces changements de rythme l'ennivrent. Elle ne voit pas sa descente...
Encore droguée par une partition qu'elle ne souhaite pas oublier, elle ne constate que trop tard qu'elle est maintenant dans le noir. Elle a peur, il n'y a plus de son ni de chanson, ni quelque bruit que ce soit d'ailleurs. Silencieusement, elle crie à l'aide mais personne ne l'entendra....
La voici qui tombe doucement maintenant, au gré d'une désagréable mélodie artificielle. Elle se sens opprimée dans cet univers inconnu, elle s'observe tomber et se souvient du temps passé à rêver, du temps ou elle n'était pas seule. Elle se souvient aussi comment les autres l'ont ignoré alors qu'elle tombait, par une main tendue vers elle pour l'aider à revenir parmi ses compagnons. Elle se souvient aussi des chants de l'ether, les larmes lui viennent car elle ne pourra jamais les rentendre.
Elle continue de tomber, dans cette lente chute qui l'amènera elle ne sait ou, mais tout sera mieux que ce qu'elle vit. Là voici souillée par un air morbide, elle en perd tout son éclat. Malgré tout elle reste fière. De temps à autre elle croise d'autres groupes inconnus, elle tente de les appeler mais ceux ci la bousculent et l'ignorent. Elle se sent vraiment seule. Pourtant, par delà l'horizon, une lumière vient réchauffer sa peau maintenant sale, elle retrouve son éclat. Elle se demande pour combien temps... Puis, une douce ballade venue d'un autre espace vient la bercer, comme un dernier réconfort avant sa fin, cette chanson est longue et l'emmène vers des lieux plus sains, elle retrouve enfin sa beauté. Le chant s'arrête et la dépose doucement sur un rocher. Malgré tout le contact avec l'inconnu est une souffrance sans nom. Elle crie, mais seul le silence lui répond, et puis, qui dans cet univers pourrait entendre un cri silencieux? Pourtant ...
Venu de nulle part, quelque chose la porte, il n'émet aucun son. Tout ce qu'elle ressent est est un chaud rythme, vibrant, elle n'avait jamais connu ça. elle fond littéralement devant autant de tendresse. Elle se souvient de légende qu'on lui avait raconté sur une chaleur si intense qu'on finirait par se lier à jamais à cet être qui nous aurait sauvé de l'oubli, mais c'était il y a si longtemps, elle était si jeune et n'y croyait pas. Pourtant c'est ce qu'il se produit, sans douleur, elle change d'état et se glisse dans son nouvel hôte, elle sait que c'est désormais définitif, elle l'a fait car elle a senti qu'elle ne serait plus jamais seule. Elle l'a fait pour toujours pouvoir sentir ce rythme brulant sur elle. C'est maintenant fait. La voici qui glisse à la recherche d'un endroit ou elle pourrait se souvenir de son ancienne vie tout en appréciant la nouvelle. Elle sent que contrairement à ces anciennes amies, son hôte prendra toujours soin d'elle et qu'il ne pourra jamais l'oublier.
Elle est maintenant heureuse.


Cette histoire contée par cette brise me vient de loin, il a aussi pu immortaliser celle qui a maintenant changé d'aspect, quand je la vois sous cette forme, je me souviens de toute la liberté qu'elle a pu éprouver, de celle que je n'aurais jamais et de toutes ces choses qu'elle a pu vivre, belles ou pas, j'aurai aimé être avec elle quand elle dansait. la seule façon que j'ai de m'évader c'est de rêver, et vous ?