mardi

Il y a longtemps...

Cette histoire prend place dans un passé lointain. Il s'agit de la mienne.
Tout commenca une nuit, plus sombre que les autres; une de celles ou tout devient possible car la magie de la nuit vous entoure. Et cette nuit dont je parle c'est celle de la Citadelle et de son secret.
Dans ma jeunesse, j'étais soldat. Fier et promu à un grand avenir, je venais d'être promu capitaine de garde et on me considérait un prodige du maniement des armes. Je profitais de ma jeunesse et mes exploits me firent acquérir de nombreuses récompenses et richesses. Rien ne semblait pouvoir arrêter mon ascension militaire.
Jusqu'à cette mission, pourtant simple. Nous devions récupérer un trésor de notre nation volé, l'épée royale forgée dans la corne du Dragon. Elle était retenue dans une simple citadelle... Nous avions été prévenus qu'elle n'avait jamais été prise et que les assiégants ont toujours abandonné. Mais je n'ai pas écouté, je voulais prouver ma valeur en prenant le lieu grâce à mes forces et mon intelligence. Je jugeais suffisant de prendre avec moi la moitié de ma garde, mes meilleurs hommes qui plus est. Six cents cavaliers et moi partirent en ce lieu de réputation imprenable et qui marquait la frontière avec notre royaume et les Terres obscures.
Nous avons chevauché longtemps. La traversée du pays et de ses lieux les moins agréables nous firent, malgré la préparation perdre paix à leur âme, quelques hommes. Avant d'arriver aux marais de Tul'rezad dernier obstacle nous séparant de la Citadelle, nous perdirent encore quelques hommes qui furent emportés par la Nuit. Créature invisible voyageant entre les mondes et emportant avec elle ceux capables de la distinguer.
Les pertes continuèrent dans le marais, mais cette fois ci les chevaux souffrirent de la maladie et furent dévorés par diverses créatures étranges et inconnues.

Épuisés et plus aussi nombreux nous arrivâmes devant le lieu ou le trésor se trouvait, avec cent hommes de moins. La vision de ce lieu fit naître en moi quelque chose d'indéfinissable. J'aurai du écouter mes tripes.
Mes hommes et moi reprirent des forces avant de passer à l'attaque. J'avais observé la Citadelle. Vieille et sans vie, aucun signe de vie humaine, je m'intriguait qu'un lieu n'ait pu être asservi par notre nation ni détruit par le temps. Sur les murailles et partout ou j'ai pu observer, des inscriptions du langage ancien et des pierres vertes incrustées donnaient à la construction un aspect irréel, comme si une magie préservait le lieu... Je n'avais pas tort. Une tour dominait l'ensemble. Il était évident que l'épée se trouvait ici. En examinant, je me perdis dans mes pensées mais fut brusquement réveillé par un reflet violet inhabituel au sommet de cette tour. Je me mis à fixer cet endroit. Cette sensation me repris à nouveau. Je décidais d'attendre encore quelques jours afin de réfléchir.
Nous attaquerions de nuit.

Le jour d'avant l'attaque, je partis en éclaireur observer ce lieu qui me semblait de plus en plus bizarre, comme chargé d'une aura malsaine incitant à la fuite. Je calmais cette peur montant en moi. Il n'y avait qu'une seule entrée, j'entendis aussi des cliquetis, ceux d'une homme en armure légère se déplacant. La Citadelle n'etait pas vide. Cela confirmait les dires de nos sources sur le fait qu'il y ait de la vie en ce lieu, mais je ne vis rien. J'aurais du repartir. Au crépuscule, les ombres semblaient mouvantes sur les murs en pierre ancienne. Le jour de l'attaque arriva. Mes hommes et moi étions nerveux. Quelque chose n'allait pas je n'aurais pas su dire quoi à cette époque, mais un sentiment d'effroi nous étreignait de sa poigne glacée. Au crépuscule nous passèrent les portes ouvertes de la Citadelle et une fois le dernier homme passé, en nous nous sûmes qu'il y aurait des morts ce soir... La nuit tomba extrêmement vite et de manière quasi surnaturelle. Je décidai de séparer mon groupe en 5 et se dirigèrent dans les directions des points cardinaux, et le groupe que je menais partit en direction de la tour. Plusieurs fois, nous entendirent des bruits que nous ne saurions qualifier. Arrivés devant la tour, je sonnais le rappel des troupes avec un cor au son profond. Mais alors que mes hommes revenaient, je vis alors une dizaine d'hommes tomber du toit se présenter en position de combat. Leurs tenues étaient anciennes et j'en avais vu dans nos musées militaires et slon l'histoire, elles ont été possédées par une civilisation dont on ne savait presque rien mais dont leur habilité au combat était rentrée dans la légende. Alors pourquoi ici, j'avais l'impression que ces soldat portaient leurs armes pour la première fois. D'autres arrivèrent. Ils ne semblaient pas agressifs et nous observaient. J'eus pu croiser le regard de l'un d'entre eux. Un vide sans nom, comme si il était en transe. Le temps de réfléchir et il était déjà en face de moi. Surpris par la vitesse je sortis ma dague et d'un geste adroit lui tranchait la gorge. Ceci marqua le début d'une attaque sans pitié. Il n'avaient que leur rapidité, il fut simple alors de les briser. D'autres encore vinrent. Le combat fut simple et rapide. Les cadavres ennemis jonchèrent le sol. Pas une seule perte fut à déplorer, ni même une blessure. Une dizaine d'hommes et moi partirent chercher l'épée. l'ascencion fut longue jusqu'à la salle. Une porte solide nous en empêchait l'accès. Il nous fallut trois hommes et une épaule pour défoncer l'obstacle. Et derrière lui se présentait à nous une salle vide et en son centre était la lame. Lévitant grâce à son pouvoir. Presque fière. Je l'avais déjà vue avant mais son éclat résonnait à travers mes yeux, elle semblait m'appeler à l'aide et aussi semblait vouloir me prévenir de quelque chose. Avant de la prendre j'observais à une des fenêtres et ce que vis m'emplis d'effroi. J'hurlais à mes hommes de se préparer à une attaque et de défendre leurs vies.


 Dans la nuit qui ne finissait pas de s'assombrir, j'avais apercu sur les toits des centaines d'ombres aux yeux luisants. Des formes humaines qui ne me semblaient pas très amicales avancaient vers nous. En me pressant pour ressortir, j'observais les murs et me disais que quelque chose n'allait pas avec les peintures, je n'avais pas remarqué à l'entrée, cet homme souriant, vêtu lui aussi de noir avec une sphère dans sa main droite et semblant nous observer. Dans la précipitation, je failli oublier l'épée, mais son éclat se rappela à moi. Comme si, douée d'une volonté propre, voulait me dire qu'elle serait le salut de cette nuit. Cette nuit, les étoiles disparurent. Il n'y avait que l'aura de la lame qui nous permettait de voir un peu. Une fois en bas la tour, d'autres étoiles apparurent, plus proches du sol et bougeant avec une rapidité familière. J'hurlais à nouveau à mes hommes de compter sur leurs autres sens. Ils étaient tous rompus au combat à l'aveugle. La première vague fut mise en échec et la nuit serait longue. Je sentais la peur chez mes hommes. Je brandis l'épée du roi et elle se mit à briller au dessus de nous. Seule source de lumière qui nous donnait un avantage certain sur l'ennemi. Nous tranchèrent presque à tour de bras les ennemis se présentant à portée de lame. Les cadavres s'amoncelaient devant nous. Le silence si fit. Plus rien ne bougeait. Un vent trop froid pour la saison traversa la place sur laquelle nous nous trouvions et je tressaillis, autant de peur que de froid, je sentais que ce combat était perdu. 


Ce sentiment se confirma lorsque les corps morts se relevèrent sous nos yeux. Aucun échappatoire ne serait possible face à cet événement, mes hommes et moi devrions lutter face à ces choses, jusqu'à ce qu'elles ne se relèvent plus. Mais elles se relevèrent encore, sans volonté autre que celle de tuer, plus violente à chaque retour au combat. Dans le tumulte, une vieille histoire concernant ce lieu me revint. C'était plutôt une phrase concernant le lieu ou je me trouvais. "Lorsque que les corps maudits se relevèrent, nous sûrent alors que le secret serait à jamais gardé...". De quel secret parlait-il ...? Je me souvint alors de cette peinture représentant un homme, elle était en total désaccord avec la pièce. Il vint à l'idée de mes hommes de laisser l'objet pour lequel nous étions venus, mais je ne pouvais me résoudre à l'idée d'abandonner, d'échouer. La simple idée d'échouer me fit perdre un instant le contrôle de moi et de rage je pris l'épée royale. Je le regrette encore. Dans ma colère tout ce qui s'approchait de moi devenait un danger et était détruit dans l'instant qui suivait sa perception. Je ne distinguait plus que des formes hostiles. Une douloureuse sensation de feu amplifiait ma rage... Après un temps, il ne restait plus qu'une silhouette. Mon épée ne parvenait pas à la trancher, elle passait simplement au travers, je parvenais à distinguer à grand peine un sourire narquois. J'avais vu ce secret sans le comprendre. Je tombais d'épuisement et perdis conscience. Je ne sais combien de temps a passé pendant mon sommeil, mais je me réveillais, adossé à la muraille extérieure de la Citadelle. Le lever de soleil était magnifique, en contraste total avec le souvenir de cette nuit sanglante. Je savais que je ne devais pas rentrer, je ne pouvais pas. Personne ne me croirait et ils enverraient d'autres forces. Je décidai de préserver la légende de ce lieu maudit et passai la frontière, à la recherche d'autre chose... Je partais observé, étrange sensation. J'avais pourtant gagné cette bataille, mais cette horrible nuit m'a fait prendre conscience que la guerre c'est aussi ca. Et cet homme en peinture m'a laissé un souvenir pour que je n'oublie pas. Aussi pour que je ne revienne pas car quitter la nation avec un objet si précieux était une trahison.
Douloureux mais calme j'affrontais cet horizon avec un courage que je n'avait jamais éprouvé, sachant que d'autres batailles, ennemis et aussi amis à venir. Et mon voyage commenca par ce premier pas vers l'inconnu.

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